Une enquête de la BBC révèle que les films XXX banalisent la violence lors de rapports sexuels consensuels. Selon cette étude britannique, cela toucherait un tiers des femmes de moins de 40 ans.

Les films pornographiques hétérosexuels diffusent une certaine image des relations entre femmes et hommes et de la sexualité, qui n’est pas celle de la vie réelle.

Une étude de la BBC Radio 5 Live jette un nouvel éclairage sur la sexualité sous l’influence du porno. L’enquête a été menée auprès de 2002 femmes britanniques, âgées de 18 à 39 ans.

Le résultat ? Plus d’une Britannique sur trois de moins de 40 ans a subi une forme de violence lors de ses rapports sexuels. Des gestes violents qui sont banalisés dans les films pornographiques et que les hommes reproduisent par la suite, comme si c’était une pratique répandue et que toutes les femmes aimaient. Eh bien non.

Les gestes violents prennent différentes formes : gifler, étrangler, bâillonner, tirer les cheveux, cracher sur le visage ou sur le corps… Certains de ces gestes dits violents peuvent être appréciés par le partenaire, mais parmi les personnes interrogées, 20% ont répondu qu’elles avaient été dérangées lors du geste violent et 31% ont dit « ne jamais avoir consenti à cela ».

Et c’est là tout le problème.

Le Center for Women’s Justice explique les résultats de cette étude et « la pression croissante exercée sur les jeunes femmes pour qu’elles consentent à des actes violents, dangereux et dégradants ».

Les rapports sexuels consensuels sont une chose, mais il est également nécessaire que les pratiques à l’intérieur du rapport sexuel qui engage les deux partenaires soient consenties et jamais imposées.

Le psychothérapeute spécialisé dans les relations de la BBC déplore et explique cette tendance : « C’est une épidémie silencieuse. Les gens le font parce qu’ils pensent que c’est normal, mais c’est très nocif. Ce que nous voyons, c’est que (…) dans le pire des cas, la violence devient acceptable. »

Une jeune britannique de 23 ans dit que son partenaire lui a tiré les cheveux et l’a giflée, puis a mis ses mains autour de son cou, elle dit : « J’étais choquée. Je me suis sentie très mal à l’aise et intimidée. Si quelqu’un vous giflait ou vous étranglait dans la rue, ce serait une agression. » C’est en parlant que la jeune femme a réalisé qu’elle était loin d’être la seule, et a conclu : « Ce qui est problématique, c’est quand les hommes sentent que toutes les femmes veulent cela.«